Le Logement


Je veux insister sur la médiocrité d’un budget 2008 qui n’est pas à la hauteur des enjeux et qui est manifestement incompatible avec la mise en œuvre d’un droit opposable au logement.

La crise du logement s’est lourdement aggravée ces dernières années. Elle ne touche plus seulement les plus modestes de nos concitoyens, mais s’étend à tous les Français : près de 1,5 million de demandes de logements sociaux en attente, 90 000 personnes sans domicile fixe, 900 000 personnes sans domicile personnel et 2 millions qui ne disposent que d’un logement sans confort.
Le gouvernement semble avoir renoncé à l’application de l’article 55 de la loi SRU concernant la proportion minimale de logements sociaux pour une ville. La politique libérale menée depuis 2002 a placé le logement au rang d’une marchandise ordinaire, source de profits pour ceux qui ont le plus de moyens et le moins de besoins.
Et ce gouvernement s’est empressé, en juillet dernier, d’amplifier cette politique en se fourvoyant dans des mesures qui, après avoir augmenté encore la dette de l’État par la déduction des emprunts immobiliers, entraînera nécessairement une nouvelle hausse des prix et de la spéculation immobilière, les premières causes du mal-logement.
Le logement est la première dépense des ménages devant l’alimentation, puisqu’ils y consacrent 24,7 % de leur budget mensuel. Plus de 6 millions de personnes bénéficient aujourd’hui des aides au logement. Or la part de l’État ne progresse pas suffisamment dans l’aide à la solvabilisation des ménages.

Ce budget s’inscrit dans la continuité d’une stratégie d’affichage et ne permettra pas à l’État d’entrer enfin dans la mise en œuvre d’une vraie politique du logement et de l’hébergement. C’est pour cela qu’avec mes collègues socialistes nous avons voté contre son adoption.

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